La chronique de NEW

Analyse critique : New Generation, l’exaltation de la fierté, des atours et atouts de la femme, une œuvre de Raoul WANSI

New Generation l'œuvre de Raoul WANSI / www.tallartistik.com

*100x100cm
*2020
*Technique utilisée : mixte sur toile (acrylique et collage de tissu pagne)
L’œuvre de Raoul WANSI

Présentation sommaire de l’artiste :

Il s’est bâti un parcours fait de pénitence, d’ardeur au travail et de passion débordante. Passion dévorante nourrie par le désir effréné d’apprendre, de s’élever et de s’accomplir dans la vie. Il l’a nourri pour le dessin et les couleurs, depuis qu’il est haut comme trois pommes, aux premières lueurs d’une trajectoire qui le conduira tour à tour, à l’Institut de Formation en Arts (IFA) de Mbalmayo, à la faculté des arts et lettres de l’Université de Yaoundé, avec option arts plastiques et histoire de l’art et nanti de sa licence acquise en 2005, il va se jeter à bâton rompu dans l’exercice de ce métier qui lui est si cher.

Depuis lors, l’artiste Raoul WANSI (à l’état civil, WANSI CHANWOUA Raoul Thierry) écume des expositions collectives, des ateliers de formation et d’imprégnation pour enfants, des collaborations fructueuses avec d’autres quadors de la scène artistique du mboa, s’investit inlassablement à donner naissance à des idées, à en imprégner toile et autres supports, à voyager dans les abysses d’une société humaine en errance. Dans cet optique, il parcourt le quotidien des femmes, s’interrogeant sur la place à elle réservée dans la société, leur inventant des relents élevés de dignité et d’accomplissement exceptionnel.

Thématique :

Peut-être l’allusion véhiculée par la titralle de l’œuvre ne donne pas la pleine mesure de la thématique abordée ou semble un peu en déphasage avec le rendu visuel que l’on perçoit de l’œuvre. Mais ce qui est d’emblée perceptible, c’est le développement fait du sujet qui s’inscrit dans la démarche progressive de l’artiste. La femme y est pertinemment mise en exergue, notamment dans l’exaltation de sa fierté, de sa féminité, de l’élégance et modernité de ses atouts et atours. Il lui a taillé une posture espiègle, dans une éternité de candeur juvénile, que ne viendra sans doute jamais violer les rides du temps, qui imprègne les visages, les hommes et les choses. Ces choses humaines, faites de mains d’homme, … de mains de femmes en mieux, dont se pare la civilisation humaine. On parlerait de l’autre côté d’exotisme, en considérant les motifs qui serpentent la tenue de ces trois silhouettes féminines. Qu’on les qualifierait de moderne ici, parcequ’aux apparences africaines se prêtent une architecture urbaine de type occidentale qui les environne. Qu’elles sont tout bonnement femmes appartenant à une nouvelle génération de conquérantes de droits et de dignité humaine.

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Approche stylistique et esthétique:

La particularité de l’offre artistique au 20ème et 21ème siècles est qu’elle se perd si aisément dans le défaut d’un fil d’Ariane stylistique, auquel on peut valablement décerner des “ismes” en les nommant et classifiant. On est justement devant un exemple patent de la confusion flagrante qu’imprime à nos regards une œuvre d’art contemporain, quand on veut se risquer à en déterminer le style, le courant. Tant l’artiste s’exprime, moins qu’il ne s’explique aux regards savants qui particularisent les propositions esthétiques du moment. Il nous livre une kyrielle de pistes stylistiques en rupture ou en harmonie les unes avec les autres, dans un champ fusionnel figuratif, expressionniste, presqu’aux encablures du fauvisme et du cubisme. Ce qu’il privilégie surtout, c’est l’âpreté des lignes de dessin, qui imbibent la toile d’orées graphiques aux allures urbaines, si chères au popart. Question, pourquoi pas ? de se mettre aussi à la page.

Composition :

On perçoit l’effort certain de combiner les éléments formels, chromatiques et esthétiques de manière à obtenir une composition suave, tout en équilibre. La centralisation du sujet obéit au souci de ne pas déroger à une rigueur symétrique extrêmement sympathique, et presqu’en opposition avec une certaine revendication de la primeur de l’asymétrie, chère au grand Koko KOMEGNE et dont, dit-il avec à-propos, est imprégné l’art primaire africain. Ceci est d’autant plus intéressant que dans le jeu alternatif de conjugaison d’une posture esthétique africaine à celle occidentale, dans laquelle se confond l’offre artistique d’ici, l’hybridité assumée de l’artiste oriente son dessin et ses coups de pinceau, à faire la part belle aux agrégats symboliques ancestraux, tout en les imbibant des emprunts d’ailleurs.

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Maîtrise technique:

On ne saurait mieux le dire que de saluer l’évolution tranquille de l’artiste, qui gagne inexorablement en maturité. Il me souviens encore ses débuts, fraîchement sorti de l’université, moulu dans ses allures de jeune diplômé en art, lorsque nous nous étions retrouver avec bien d’autres confrères dans un projet. Bien qu’étant encore à ses premiers balbutiements en termes d’offres artistiques, il était convaincu d’aller très loin. Il a fallu qu’il construise patiemment son travail, son approche esthétique, qu’il le structure en mieux, impose une discipline et une rigueur à sa palette, pour parvenir à des résultats de plus en plus probants. Cette toile témoigne à elle seule du chemin sinueux parcouru et de l’orientation qu’il imprime à son travail. Aujourd’hui il sait s’amuser avec les couleurs, donner vie à ses personnages, épouser des thématiques complexes ou simplistes, mais dans une exhubérance fantastique.

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