La chronique de NEW

ARTS CONTEMPORAINS AU CAMEROUN: SI ON EN PARLAIT (Troisième partie)

Artistes plasticiens camerounais / Art contemporain au Cameroun / www.tallartistik.com

Il y’aurait tout autant à dire sur d’autres grands seigneurs de première heure. Mais il conviendrait d’élargir notre champ de vision de ce qui se présente, hier comme aujourd’hui, sur la scène camerounaise d’arts contemporains et de nous intéresser aux autres générations à qui ces ainés ont ouvert la voie. Là encore le milieu foisonne de si nombreux talents dont le Cameroun peut s’enorgueillir. Une fois de plus, nous nous bornerons à présenter quelques uns, pas forcément du fait d’un mérite au dessus de la mêlée, même si cela semblerait être le cas au vue de leur parcours impressionnant.

À lire: Arts Contemporains au Cameroun, si on en parlait. ( Première partie )

A l’évocation de son nom, peu sont ceux qui dans cet univers n’en n’auront pas entendu parler. Barthélémy TOGUO est devenu au fil de quelques décennies, du fait de son ardeur au travail et de la puissance de ses propositions artistiques, l’un des plus illustres ambassadeurs itinérants de l’art contemporain camerounais et africain. Véritable globe-trotter, il voyage avec aisance ; aussi bien sur diverses offres artistiques, que d’un bout à l’autre de la planète pour faire parler et briller son talent. Son écriture esthétique peut imprégner des supports les plus éparses, cependant toujours traduire le questionnement intempestif sur la construction humaine dans une société déshumanisée, déstructurée, percluse de valeurs contradictoires, mal emballées dans des haillons du modernisme. Son œuvre la plus utile, ajoutée à l’agréable de ses très nombreuses créations est, sans doute et de loin, le Centre D’Arts contemporains qu’il a bâti sur fonds propres dans son terrier d’origine : Bandjoun Station. En plus d’être un joyau architectural qui en impose à plus d’un visiteur, il fait surtout la fierté de cette ville de l’Ouest Cameroun, par sa fonction première. Celle d’offrir un espace adéquat pour des résidences et manifestations artistiques, à des créateurs du monde entier et surtout à ceux qui sont ses compatriotes. Question de donner à ces derniers leur chance de suivre les traces de ce baroudeur. Et dire que son parcours époustouflant est loin d’être achevé. Sans doute se prolongeant à presque l’infini, continuera-t-il à faire honneur au Cameroun par une pile d’autres distinctions qui viendront s’amonceler sur ceux déjà reçus, dont le moindre n’est pas la Légion d’Honneur du Mérite artistique, à lui décernée par la France.

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Peu de nom sonnent avec autant de poids que le sien dans l’univers des arts plastiques. Son histoire et son parcours ne se racontent pas. Joël MPAH DOOH la vit avec entrain, exactement comme il a l’habitude de sublimer tant de regards par la puissance de sa passion créatrice. Celui-là que rien ou presque ne destinait à une carrière artistique aussi fulgurante est devenu au fil du temps, l’un des artistes essentiels de sa génération. Il a très vite troqué sa passion artistique contre un autre métier qui nourrit bien son homme au Cameroun, celui de comptable. Après des classes assidus chez des ainés, tels que Viking ou Koko Komegne ( À lire: Koko Komegne l’intrépide ), auprès de qui il se structure une rigueur dans l’expressivité graphique et plastique, il prendra le chemin balisé par des grands noms de la peinture contemporaine, à l’instar de Basquiat. Lorsqu’une longue collaboration extrêmement fructueuse s’installe avec la célèbre Galerie MAM, elle va lui permettre de faire exploser son talent et de l’étaler à la face du monde. Ses œuvres, où qu’elles s’exposent ou se vendent, elles vont crever des plafonds et l’imposer sur la scène artistique nationale et internationale, comme une des figure de proue de l’art contemporain africain. Comme son alter-égo déjà évoqué, il a à peine posé ses valises sur sa terre de Bon’Endallè, sur les berges du Wouri, qu’il doit tout de suite repartir pour un de ces fora où son talent et sa vision sont sollicités avec plaisir. L’une des nobles missions qu’il s’est fixé est de transmettre à d’autres ce qu’il a reçu, de partager avec eux sur ces terres ce qu’il ne cesse de recevoir ailleurs. Le don divin de produire des œuvres s’inscrivant dans un registre iconographique proche du naïf dans la représentation des éléments figuratifs, avec supports, matériaux et techniques toujours plus inédits.

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Parlons quelque peu d’une autre personnalité de premier plan dans l’univers créatif : Nicolas EYIDI. Quand les autres manient pinceaux ou burin, lui a choisi de manipuler avec dextérité la pellicule, pour devenir l’un des plus grands dans son domaine. Il est ce que l’on qualifie, sans coup férir, un photographe professionnel, mieux un Artiste photographe. Il vit et respire son métier pleinement, passionnément. La puissance et la valeur atemporelles de son œuvre ne résident pas seulement dans les plans choisis, dans le résultat esthétique obtenu, mais surtout dans l’approche conceptuelle autour de laquelle il construit son travail. Pour faire de plusieurs de ses productions des chefs d’œuvres, en prime d’être des témoins de l’histoire qui se construit ici et ailleurs. De cette manière il s’est construit une solide réputation de créateur de l’image qu’il défend merveilleusement partout où son objectif est sollicité
Des noms des images, des œuvres d’art se succèdent et peuvent ainsi défiler presqu’à l’infini, quand il faut parler des arts contemporains au Cameroun et des acteurs qui animent habilement cette scène dynamique, une génération s’agglutinant à une autre. Poursuivons donc l’évocation d’autres identités artistiques remarquables. Ceux dont les noms vont suivre appartiennent à la génération dorée, de l’art contemporain au Cameroun, avec quelques uns de ceux déjà cités en supra. On peut dire celle qui a compris et saisi le truc.

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Que dire des deux Hervé, YOUMBI et YAMGUEN ? Ils ont déjà leur nom au panthéon de la culture et des arts de ce beau pays. Ils les y ont écrits grâce à la richesse, à la profondeur, parfois à l’exubérance de leurs propositions esthétiques. Ayant foulé de bonnes écoles, des ateliers de maîtres, leurs ainés, ou des institutions de formation (quelques rares d’ici comme l’Institut de Formation Artistique, IFA), les deux amis d’enfance et complices pour la vie, se sont construits chacun une écriture singulière. Le premier vous décline le portrait sous toutes ses coutures, à faire pâlir de jalousie des grands maître du genre de l’autre côté des mers, des siècles derniers. Ce, dans un jeu de couleurs, du clair/obscur très subtil et harmonieux. Bon an, mal an, il a su imposer, à coups de bravades esthétiques un respect total pour le classicisme ou le réalisme à la sauce contemporaine. Le second s’amuse littéralement avec des oiseaux qu’il accompagne d’une texture plastique et graphique extrêmement onirique. Il les coud à toutes les sauce, peinture, sculpture, design… Foisonnant d’imagination, ces deux messieurs ont accomplis presqu’autant que nombre d’autres auraient pu le faire, pour donner aux arts plastiques, à l’art contemporain leur plus belles lettres de noblesse dans ce pays et sur le continent. D’autant plus qu’à la suite de ceux qui leur ont ouvert la voie, ils assurent une transmission fidèle du savoir et du savoir-faire glanés aux quatre coins du monde, à de jeunes espoirs aux talents promoteurs.

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On ne peut parler de cette chose sans évoquer un homme qui siérait bien à ce que l’on appellerait « aventure ambigüe ». L’ambigüité ne réside pas dans l’appréhension du personnage, mais plutôt dans le choix d’une démarche et d’une construction esthétiques aux antipodes d’une dictature qui tendait à n’imposer qu’une seule ligne de travail, pompeusement auréolée des vocables art contemporain. Vint alors ce chantre des tonalités émouvantes, des formes épousant les réalités qui s’amoncellent autour de nous, dans notre Cameroun, notre Afrique, en vrai… Jean EMATI… Il est à n’en point douter, l’un des plus grand artiste que le Cameroun ait jamais porté. Il raconte sous ses pinceaux et couteaux de belles histoires de notre quotidien, en les combinant allègrement avec des volumes délicatement et exquisément surlignés sur la toile, à l’aide d’amidon de manioc, de liant et pigments acryliques ou à huile. Il administre chaque jour la preuve que la création artistique de chez nous, aussi éclectique soit-elle, elle est à un niveau tel que, elle ne peut que transcender les temps et espaces et occuper une place de choix dans le cœur des gens du monde entier.
Comment s’arrêter là sans avoir évoqué, ne serait-ce qu’au passage, des noms à consonance d’excellence, tels que : Bernard BAIFAN, Goddy LEYE, Pascal Martine TAYOU, Blaise BANG, SABASTIENE BERENYNY, Maxj LYONGA, Emile YOUMBI, Salifou LINDOU, ALIOUM MOUSSA, Guy WOUETE (résident en Belgique), Matthieu MBAINASSEM, Guillaume ELOLONGUE, Louis EPEE, HAKO Hanson, Nazaire Kolo, Jean Jacques KANTE, Mboko Lagriffe ( À lire Ce qu’il faut savoir de l’artiste Mboko Lagriffe ), Jules WOKAM (artiste peintre à la base, mais qui a troqué ses pinceaux et couleurs contre le design mobilier et d’intérieur), Zambé (depuis quelques années en résidence aux Etats Unis)…

À lire : Arts Contemporains au Cameroun, si on parlait ( Deuxième partie )

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