La chronique de NEW

Coronavirus: Communication de crise: cas des arts visuels

L’affaire là a commencé comme un jeu, un jour innocent, quelque part chez les Wang You, entendez Chine, pays où les bagarreurs voltigent, courent eux sauf que sur les toits de maison et de temples de Shaolin. Le pays de Bruce Lee et Jacky fils de Dshang est devenu subitement tristement célèbre en comptant un premier cas, puis deux, cinq, mille, beaucoup trop. de personnes atteintes d’un kankan way auquel on a donné un nom bizarre, que Corona virus ou Covid-19. Tandis que les Chinois bagarraient à confiner les personnes atteintes dans la ville de Wuhan, à construire en dix jours deux centres hospitaliers spécialisés, pour conjurer ce grand mal, le reste du monde semblait attentiste, jusqu’à ce que l’affaire là s’invite dans différents pays, y compris dans notre mboa ci là. Et franchement ça nous tombe dessus que froup frap. On n’a même pas encore commencé à mesurer l’impact négatif qu’il aura sur l’économie, au-delà du lourd tribut que d’aucuns prédisent, qu’on observe déjà, ce qui semble être un dur combat que le way là est entrain de livrer à la culture, tant ici qu’ailleurs. Il nous montre déjà l’heure de Chine, oha.

KoKo Komegne l’intrépide combattant

Comment le secteur culturel en est-il affecté ?

La dernière attaque en date est le report du Festival de Cannes pour au plus tôt, fin juin – début juillet, en fonction de l’évolution de la situation. Venant ainsi s’ajouter à une longue liste de rendez-vous culturels reportés ou tout simplement annulé. C’est le cœur serré que de nombreux fans ont accueilli la nouvelle concernant la messe musicale que s’apprêtait de célébrer notre ponceuse nationale et qui verra son spectacle malheureusement subir les affres du confinement, de la fermeture des frontières, des espaces de loisirs et de représentation artistique, comme les Olympia de France. Dans la foulée c’est l’IFC, ses antennes de Douala et Yaoundé qui devront jusqu’à nouvel ordre fermer leurs portes à une kyrielle de représentation pluriartistiques qu’elles étaient sensées accueillir durant les mois de mars et avril. Le gobna du mboa ne pouvant pas être en reste dans ce way, s’est fendu de mesures, aux conséquences somme toute désastreuses pour le secteur culturel. Des cabarets, des espaces d’exposition et autres espaces de loisirs, fermant leurs portes, c’est tout un écosystème qui va en pâtir, contraint de mettre en congés techniques du personnel artistique et autres. Le manque à gagner, doit se situer dans les eaux houleuses, entre plusieurs centaines de millions et quelques milliards de francs CFA.

On va sauf que faire comment alors ?

Tout en prenant notre mal en patience, nous pouvons envisager deux sortes d’actions indispensables parmi tant d’autres.

Premièrement, des actions ponctuelles peuvent être menées par, en direction et au profit des acteurs culturels, pendant ces moments difficiles. Par exemple, pour les artistes qui ne peuvent s’offrir des représentations aux heures nocturnes habituelle ou face à un large public, c’est possible de le faire dans des cadres privés sécurisés, genre concerts ou expositions privés. Également en utilisant les réseaux sociaux genres, des lives mettant en scène spectacles, exposition et autres formes de représentation, sur lesquels des marques peuvent miser. Le gouvernement peut mettre à contribution une dotation financière globale en direction du secteur culturel ainsi sinistré, un peu comme cela est fait ailleurs. Les OGC peuvent accélérer le processus de recouvrement des redevances au titre de droit d’auteur et droits voisins, en vue d’une réparation dans les prochains jours aux différents membres, ceci avec la collaboration de tous les acteurs économiques concernés. Par solidarité différents acteurs économiques peuvent procéder à des dotations dans le cadre d’actions de mécénat au profit des acteurs culturels, surtout parmi les plus affectés. C’est le moment plus que jamais d’ouvrir des collectes de fonds, ou levées de fonds, en vue de venir en aide à des artistes en détresse sanitaire, du fait de cette pandémie. D’actionner la solidarité syndicale pour ceux qui appartiennent à des organisations syndicales existantes.

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En deuxième lieu, on peut envisager des actions à moyen et long terme, dans lesquelles les acteurs culturels peuvent s’investir dans la construction d’une chaîne de solidarité, qui leur permettrait de parer à toute épreuve. Notamment la souscription d’une assurance volontaire à la CNPS, de mutuelles d’assurances auprès des compagnies d’assurance privées, si ce n’est pourquoi pas la mise sur pied de mutuelles au sein des associations culturelles ou en guise d’entreprise opérantes dans le registre financier. Plus que jamais faudra-t-il très sérieusement et à moyen terme, faire le nécessaire pour pourvoir le compte d’affection spécial ou tout autre instrument financier du genre, de ressources, qui potentiellement peuvent être utilisées dans ce genre de perspective.

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Somme toute, il n’est jamais de trop de rappeler à tous, la nécessité impérative d’observer scrupuleusement les mesures prescrites par les autorités publiques compétentes. Or, le mouvement artistique national peut être mis à contribution pour des actions de sensibilisation, en déployant en l’occurrence, des contenus musicaux, audiovisuels, visuels (graphiques, plastiques, autres), théâtraux, littéraires. Il est possible d’obtenir la production de tels éléments de communication en mettant en œuvre la télé activité, qui grâce à la dématérialisation qu’elle permet, rend possible des échanges à distance. Ce qui en plus peut constituer une source de gains financiers dont ont besoin les acteurs culturels.

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Vivement que la guérilla contre le Covid-19 soit remportée au plus vite, pour un retour à la normale, une relance tous azimuts des activités économiques, sociales et culturelles ! En attendant, prudence et encore prudence pour que le way là ne passe pas par nous et ne nous terrasse pas.

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