La chronique de NEW

KoKo Komegne l’intrépide combattant

Koko Komegne, artiste plasticien Camerounais / Art contemporain / www.tallartistik.com

Il n’y a pas si longtemps, le Cameroun célébrait les Cinquantenaires de l’indépendance et de la Réunification des parties anglophone et francophone de son territoire. Parmi les témoins de l’histoire, figure un de ses dignes fils, j’ai nommé : KOMEGNE Gaston, dit Koko KOMEGNE.

Au moment où se déroulaient ces mémorables événements, l’homme né en 1950 était un jeune garçon au crâne, sans doute bourré de rêves de s’accomplir un jour dans ce pays qui l’a vu naitre sur les hautes terres de l’Ouest. Il ne fallait pas attendre longtemps pour qu’en 1966, le jeune homme embrasse le métier d’artiste, plutôt qu’un autre jugé plus promoteur à l’époque. C’est pourtant ce métier qui le conduira jusqu’aux cimes de l’excellence et qui lui offrira la renommée qu’on lui connait.

Pour qu’elle soit aussi longue, Koko a bâti ses cinquante ans de carrière sur le combat perpétuel. Combat contre l’adversité, la précarité, l’incrédulité à l’endroit de ce métier et de ses réelles potentialités. Car l’Art chez nous est confiné à une certaine infamie, au mépris et à l’ignorance de la valeur qu’il représente, ainsi que des valeurs qu’il véhicule. On a coutume de dire que les arts plastiques, notamment la peinture est « l’affaire des blancs » ; contraignant parfois ses acteurs à une émigration plus ou moins forcée. (…)

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Koko, c’est aussi une multitude d’expositions individuelles ou collectives, de performances, de productions urbaines en termes de fresques et de monuments. Parmi ces expositions figurent, celles individuelles, notamment : « Quand saignent les masques » en 1998 – KOKO KOMEGNE Expose ses tableaux, en 1995 – « Evanescence » en 2008, à l’honneur de sa fille Vanessa retrouvée.

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Également plusieurs collectives dont : « Rétrospective 1976 – 82 » aux côtés de Viking et ATAKOUA – « L’Art au maximum » en 1993, aux côtés de MAKELA DIMBISSI et Othéo – « Au-delà de l’image » en 1999, aux côtés de Viking, KOUO EYANGO, NYAH Delord et Bernard BAIFANG. Chacune des thématiques consacrées de ses expositions en solo constitue autant de leitmotiv pour dire une pensée juste, visionnaire parfois, mais surtout pour revendiquer cette place qui lui convient, celle de Griot par l’image. Bien connu pour son verbe toujours haut perché, voire acidulé, il a encore choisi de nous émoustiller à travers diverses manifestations consacrant ses cinquante ans de carrière. On a eu doit au mois de mars 2016 à une première exposition à l’espace Doual’Art à Bonanjo, baptisée « Sweet Logik », ensuite en avril, une deuxième de sculpture du maître qui fait partie de la Collection privée de Jules GUEMALE, au restaurant le Rosty à Deido. (…)

Koko s’est donné une autre vertu celle de transmettre sa passion, son combat aux générations suivantes qui comptent de nombreux prodiges tels que Joël MPAH DOOH, Hervé YAMGUEN, Hervé YOUMBI, Boris NZEBO, Bernard AJARB et bien d’autres. Tous ou presque parmi les artistes le diraient : il n’est pas toujours nécessaire qu’il vous tienne la main avec le pinceau à balader sur la toile, il faut juste qu’il vous oriente dans votre travail pour qu’il se sublime et vous hisse sur le toit du succès. Il en a semé des graines sur des terres fertiles de l’art ; mais semé également côté jardin. Car l’homme aura vécu des femmes et de deux d’entre elles lui naitront trois filles, dont Vanessa susmentionnée, mais que la vie de bohème ne lui aura pas permis d’assurer une présence permanente de père pendant qu’elles grandissaient. Aujourd’hui, Koko est un père comblé d’avoir retrouvé sa progéniture et de partager pleinement leur existence et leur accomplissement social.

Le chemin aura été long pour célébrer aujourd’hui cinquante ans de peinture, de création artistique contemporaine. Ainsi qu’il le dit de manière si énigmatique : « L’histoire retiendra que dans un pays obscur, où l’intelligence est bafouée, où on privilégie la bêtise, la médiocrité, où on rejette l’excellence, malgré tous les défis, les combats, les souffrances, l’incompréhension et l’ignorance de ceux qui nous gouvernent, j’ai réussi à tenir le coup pendant cinquante ans ».

Cinquante ans jalonnés de rencontres, de collaboration avec d’autres grands noms des arts plastiques au Cameroun, à l’instar de Viking, Othéo, ATAKOUA, Baby KOUO EYANGO, etc. De manière significative et toujours engagé dans ce combat pour la présence des arts plastiques dans l’existence et le quotidien des Camerounais de tous bords, Koko aura réussi à traverser cinq décennies, à les marquer de son emprunte subtile, révolutionnaire. Pour que vive le beau, l’art d’exister en soi et au profit de tous.

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(Publié sur NEWArtcom le 28 septembre 2017).

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