Découv’art

Richard fakala fait des chaînes camerounaises des super-héroïnes

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Présentation sommaire de l’artiste :

Richard Fakala est un jeune artiste exerçant dans la ville de Yaoundé. Il a un style très polyvalent. Il travaille à dompter les arts du multimédia. Voilà une des raisons pour lesquelles, il se situe entre : portrait, l’abstrait, surréalisme, classicisme, popart. Sans être diplômé des écoles des beaux-arts, Richard Fakala est la preuve que le talent est un don divin. Dès lors, il nourrit son parcours de pénitence, d’ardeur au travail, de cohérence, de pertinence et d’une passion débordante.

L’illustrateur camerounais Richard Fakala pousse son premier vagissement le 21/02/1998 à Ndoungue (une ville du littoral). C’est dans cet environnement qu’il tombe amoureux du dessin en regardant les dessins qui animent sa vie jusqu’à nos jours. Il obtient son baccalauréat scientifique série C (2014-2015) au lycée bilingue d’ebone. Il intègre la fac sciences de l’université de Yaoundé 1 en physique (2015-2018). Mais sa passion pour l’art prend le dessus. Il ne dit surtout pas non à l’appel de l’art. Un choix pourtant mal perçu par sa famille et son entourage. Autodidacte et désireux de s’inscrire dans la durée, il apprend les rouages du métier en suivant des tuto et en s’inspirant de ses aînés. Son abnégation et son amour pour le travail lui permettent de gagner la deuxième place à la neuvième édition du forum des jeunes. Ce soir-là, il rentre avec son tout premier prix dessin (2017). Il ne se contente pas de cette deuxième place. Il félicite le premier en l’informant qu’il prendra sa place à la prochaine édition. A la 10eme édition du même évènement, Richard remporte le prix du prix dessin (2018).

La thématique :

Il s’intéresse particulièrement aux figures fantastiques. Le super-héros (de l’anglais « super hero » ou « superhero »), ou la super-héroïne, est un type de personnage de fiction que l’on retrouve principalement dans les comics, c’est-à-dire les bandes dessinées (américaines), et dans leurs adaptations audiovisuelles. Un super-héros est généralement un type de justicier costumé qui se distingue par des capacités hors du commun, lesquelles dérivent le plus souvent de pouvoirs surhumains ou surnaturels (appelés super-pouvoirs), bien que des héros masqués, soient parfois considérés comme des super-héros alors qu’ils n’ont aucun pouvoirs surhumains. L’auteur axe son art sur l’Afrique, la femme africaine et crée des illustrations à caractère de sensibilisation. C’est donc pourquoi, sa thématique repose sur l’apport des média dans la construction de l’espace public. Il leur donne des allures de super héroïnes, comme les défenseuses de droits des oppressés. Pour lui, les chaines de télévisions, jouent un rôle important dans l’espace médiatique socio-économique/politique. Relevant ici, le problème crucial qu’est l’absence voire même la marginalisation des femmes dans les média. Richard Fakala par ses œuvres voudrait donner le mérite aux femmes: centre de gravité du monde. Fidèle à sa thématique, l’auteur, sans se dire féministe, est désireux de créer une nouvelle dynamique autour des femmes, afin qu’elles soient à la place qu’elles méritent.

L’art au féminin se conjugue avec des interférences actuelles

 

Approche esthétique et stylistique:

Richard Fakala utilise les arts du multimédia/l’art numérique comme courant pour présenter ses superhéroïnes dans un registre de peinture numérique ou digital painting. Il les décline dans le genre figuratif surréaliste, associé au pop art. Ce dernier traite des éléments populaires malgré son côté surréaliste. En plus, les éléments qui le constituent ne sont pas disposés comme dans le réel. On ressent les traits du fantastique dans ce travail. L’auteur, transporte les entités médiatiques dans des allures de superhéroïnes, donc de personnages physiques présents dans l’univers du cinéma d’animation. Il fait ainsi une transposition dans un univers cinématographique populaire, très à la mode : black panther. C’est cette transposition des superhéros qui lui donne ce caractère de pop art.

Composition :

L’artiste évoque un retour aux sources. Le soi africain, cette affirmation, cette fierté d’appartenance à la terre africaine. Ce retour à la civilisation africaine, se lit sur tous les visages des héroïnes. C’est fou d’avoir pensé à créer ces personnages mais encore plus à les africaniser. Les coiffures des super-héroïnes sont différentes les unes des autres. Elles surfent entre cheveux au vent, coupé court, afro, rastas avec et sans laine, cheveux couverts (avec un foulard au motif africain). Les coiffures africaines sont mises en avant. Un accent particulier est mis sur la promotion du patrimoine africain. Dans un décor constitué d’immeubles, du monument de la réunification du Cameroun et de la douceur du ciel, il nous présente sept chaînes camerounaises sous forme de super-héroïnes. On perçoit la netteté de sa réalisation. Les bâtiments sont très vraisemblables et épurés. Le décor, réaliste et facilement identifiable dans la société.
Les unes sont différentes des autres. La maitrise de la charte graphique et du logotype témoignent à juste titre de sa performance artistique. Il dessine avec assiduité ces personnages symboliques, fait ressortir les atours et les atouts de chaque sujet.
Les sept super-héroïnes ont des noms spécifiques et des superpouvoirs : Innova (Canal 2), son pouvoir est de créer des objets pour chaque situation ; Virtuosa (Equinoxe Tv), vitesse super Sonic ; Ancienne (CRTV), maîtrise de la gravité ; Teleporta (STV) téléportation et ouverture des portails ; Visiona (Vsion 4), viser laser ; Fluida (Dbs Tv), la maîtrise de l’eau ; Cristal (Ltm Tv), la maîtrise du cristal.

Maîtrise technique :

Cette œuvre est extrêmement riche en expressivité esthétique. Il va de soi, qu’en dépit des manquements évidents dans la composition, l’ensemble de l’œuvre transpire la maîtrise des canons du dessin et de la peinture. Richard Fakala dispose les sujets dans le décor en donnant l’allure qu’ils sont tous en mouvement.

Ces super-héroïnes portent, dans la grande majorité des cas, un costume spécial pour les distinguer les uns des autres, pour aider à mieux combattre et/ou pour dissimuler son identité. Le costume est souvent représenté très moulant, montrant les détails des muscles du corps plus qu’il ne le pourrait dans la réalité. Une œuvre n’étant jamais parfaite, Richard Fakala promet pour les oeuvres à venir un travail plus élevé sur leur aspect esthétique. Mais il n’en demeure moins qu’il ait une bonne maîtrise de son sujet. “Il n’y a réellement que les grandes passions qui puissent enfanter les grands hommes”. C.A. Helvétius, De l’esprit, iii.

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