« Ne crains rien…je t’aime » libère la parole face aux actes de violence

Affiche du film "Ne crains rien...je t'aime" en avant première au cinéma Eden

Affiche du film « Ne crains rien…je t’aime » en avant première au cinéma Eden

Après Sur la route d’un ange (2011), Le Blanc d’Eyenga 1 (2012), Le Blanc d’Eyenga 2 (2014), La Patrie d’abord (2016), Le Serpent de bronze (2018), Voici Ne crains rien…je t’aime (2019) : un hommage rendu aux femmes victimes de diverses formes de violence. Ce film est une initiative visant à lever des fonds pour cette cause. Comme le disait Thierry Ntamack lors de son discours préliminaire : « L’idée c’est que [à travers ce film] nous puissions avancer ensemble et écrire une histoire ». Le 4 mai dernier s’était donc l’occasion de faire découvrir cet autre chef d’œuvre cinématographie au public de Douala venu nombreux au cinéma Éden. Toutes les classes d’âge et toutes les classes socio-professionnelles y étaient représentées. La salle était attentive et impatiente. Avec Thierry Ntamack à la production les habitués savaient à quoi s’attendre. Alors une fois le film lancé, comme un seul Homme toute cette diversité a uni le regard vers le grand écran.  

Dès la première scène de Ne crains rien…je t’aime, le choc, le suspense, l’empathie ! les spectateurs étaient interpeller à réagir face aux actes de viol, de pédophilie, de maltraitance bref de violence. Certains ne comprenaient pas la langue maternelle de la petite fille qui se faisait violée au marigot. Ils n’avaient pas le cœur à lire la traduction en bas de l’écran ! ils n’en avaient pas besoin ! l’image disait toute la peur de la fille, toute sa volonté à se défendre malgré sa petitesse ! il était évident que ses cris étaient un appel à l’aide, une prière lancée à son agresseur. Mais…l’irréparable se produisit et les spectateurs n’y purent rien.  

Ne crains rien…je t’aime, est un film engagé qui condamne fermement le silence des parents face à la violence perpétrée au sein de la cellule familiale. Dans la peau de Thierry Ntamack, Romain est l’exemple type du pervers narcissique qui use de sa richesse et de sa position sociale pour embrigader son épouse Sarah dans une prison dorée. Son plan d’action est bien élaboré. D’abord, il attire la jeune femme comme un gibier avec des bijoux, des fleurs et une attitude romantique. Ensuite il se met la famille de Sarah dans la poche en leur offrant une dote faramineuse constituée entre autre de porcs bien en chair, de vins, de spiritueux de luxe et des vivres. Aux yeux de tous, il offre à son épouse une somptueuse voiture et s’engage à construire la maison de ses parents. Tous ces présents rendront ces derniers aveugles et coupables des malheurs de leur fille. Enfin, une fois Sarah devenu son épouse il révèle son véritable visage, celui d’un manipulateur pervers.  

Afin que Sarah reste sous son emprise, Romain la pousse à se culpabiliser en justifiant sa violence par de prétendus acte de provocation. Il lui fait des promesses empreintes de sentimentalise et clame son amour infini pour elle. « Je ne veux pas te faire de mal…je promets de ne plus recommencer » dit-il lorsqu’il la sent distante. Les promesses et le chantage moral activent le déni chez Sarah. Elle trouve des échappatoires chaque fois que des questions sont posées sur les bleus couvrant son corps. Elle se fait complice des actes de violences de Romain jusqu’au moment où elle porte une grossesse et commence à craindre pour son enfant. Malheureusement dans sa situation elle ne peut pas compter sur le soutien de sa famille. De même que son époux, ses parents la rendent responsable de son malheur. « Le mariage c’est la persévérance ! » dit violemment sa mère qui lui impose de retourner chez Romain, de subir en silence et surtout d’être reconnaissante à son époux qui la met à l’abri du besoin matériel. Sarah est désemparée et seule. Sa peine est à son paroxysme, au-delà de l’insupportable. Et enfin dans Ne crains rien…je t’aime, une parole se libère, Myriam s’interpose, elle ose lever le voile sur la barbarie de son voisin vis-à-vis de son épouse. En tant que ressortissante du Nord du Cameroun et victime de la violence familiale, elle comprend l’enfer que vit sa voisine. Myriam avec l’aide de son mari ose agir et sauve Sarah d’une mort certaine. C’est elle qui lâche la phrase : « Le silence est la meilleure façon de faire durer la violence ». Malheureusement, dans l’atmosphère de barbarie instauré par Romain, un être innocent perd la vie. Alors Sarah n’a plus d’autre choix. Elle doit agir et se sortir de ce calvaire. Soutenue par une voisine, un médecin et une avocate, elle parvient à obtenir le divorce.

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Mais tout n’est pas gagné pour Tatiana Mati dans le rôle de Sarah. Il lui faut tourner la page, se reconstruire et se permettre une belle histoire d’amour avec David joué par Guy Michel. Cette relation à naitre se heurte à un problème de taille : le traumatisme psychologique de Sarah qui est harcelée par un passé indélébile. Ce même passé qui la prive du bonheur d’enfanter à nouveau. Sous les encouragements de Myriam, elle ose raconter son ancienne vie à David. Par cet acte, elle dénonce, elle condamne l’emprise des pervers narcissiques sur leur victime. Et surtout, elle se donne l’opportunité de renouer avec l’amour d’un homme. Après un moment d’hésitation, David l’accepte dans sa vie conjugale. Il démontre qu’après une vie d’oppression, le bonheur est possible lorsque la victime prend la parole et dénonce le crime. Ne crains rien…je t’aime offre une fin de conte merveilleux. L’histoire annoncée comme une tragédie s’achève sur des valeurs tels que le pardon, la réconciliation et la foi.

Dans Ne crains rien…je t’aime tout est fait pour mériter un standing ovation accompagné de youyous. Le cinéma Éden s’illumine sur des applaudissements. Thierry Ntamack prend à nouveau la parole sur la scène, il remercie tout le casting qui l’accompagne et rappelle au public, hommes et femmes, jeunes filles et jeunes garçons, de réagir face aux actes de violence. Que ce soit une bastonnade, une mutilation génitale, un viol ou une humiliation, la victime à la devoir d’en parler pour sa vie et pour toutes celles qui n’ont pas eu l’opportunité de le faire. Tant qu’on nourrit le silence par le doute et l’inaction alors on est tous coupables.

Dans l’espoir que chaque lecteur vive l’expérience de Ne crains rien…je t’aime produit par Thierry Ntamack, Tallartistik vous souhaite bon film !

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Ruth Adjou

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