FOK’ART au cœur du CAYAFE : quand l’art visuel redonne une âme au Camp Yabassi
Le quartier Camp Yabassi, en plein centre de Douala, a vécu le samedi 3 janvier 2026 une belle journée à l’occasion de la troisième édition du CAYAFE (Camp Yabassi en Fête). Si l’événement a brillé par son volet social et festif, il a surtout marqué les esprits par la forte empreinte culturelle laissée par FOK’ART, acteur majeur de la promotion des arts plastiques au Cameroun. À travers son engagement, le collectif a transformé l’espace public en une véritable galerie à ciel ouvert, offrant au quartier un nouveau regard sur lui-même.

Initiateur du CAYAFE, Henri Bagneki Kingue, fils du Camp Yabassi aujourd’hui établi à San José en Californie, porte ce projet comme un acte de mémoire et de solidarité. Touché par les incendies qui ont autrefois endeuillé le quartier, il a fait le choix de répondre à l’adversité par l’action collective. « CAYAFE est né d’une volonté de soutenir les populations après des moments difficiles », confie-t-il. Trois éditions plus tard, le festival s’impose comme un rendez-vous citoyen mêlant santé, culture et cohésion sociale.

Dès les premières heures de la journée, l’esplanade de l’ancienne gare routière de la rue des Pavés s’est transformée en centre de santé communautaire. Dépistages du diabète et de l’hypertension, tests du paludisme, campagnes de vaccination : des centaines de riverains ont bénéficié gratuitement de soins préventifs, soulageant de nombreuses familles dans un contexte économique contraignant. Mais au-delà de la santé des corps, le CAYAFE a aussi pris soin des esprits.

C’est dans cette dynamique que FOK’ART a joué un rôle central. Présente au festival dans le cadre de la solidarité culturelle, l’organisation, conduite par sa promotrice Patricia Fok’Art, a conduit une action de vulgarisation des arts plastiques auprès d’un public peu habitué à ce type d’expression. « Beaucoup de personnes ne connaissent pas les arts plastiques. Notre mission est de les faire découvrir, au Cameroun et ailleurs », explique-t-elle. Pour cette édition, FOK’ART est venue accompagnée d’artistes et partenaires afin de présenter la diversité des arts visuels et de rapprocher la création contemporaine des populations.

L’exposition d’arts plastiques, saluée comme une première au Camp Yabassi, a permis de révéler le potentiel créatif du quartier, souvent réduit à son rôle commercial. Les œuvres exposées ont raconté des histoires de vie, de solidarité et de dynamisme urbain, donnant une profondeur nouvelle à l’identité locale. Pour Prodor, artiste plasticien de renom ayant pris part à l’initiative, cette présence allait de soi : « Nous sommes venus accompagner ce projet parce qu’il est porteur de sens. À travers nos œuvres, nous avons voulu représenter Yabassi, son ambiance, sa solidarité, son énergie. Si l’art a commencé ici, il doit continuer ici. »
Cette effervescence artistique s’est prolongée avec l’élection de Miss et Master Camp Yabassi, un concours qui a mis en avant non seulement la beauté, mais aussi l’intelligence et l’ambition de la jeunesse locale. La journée s’est conclue par un grand concert populaire, sous le haut parrainage de personnalités traditionnelles et politiques, dans une ambiance de communion générale.



