« Ville cruelle » : l’art contemporain rend hommage à Mongo Beti à Doual’art
L’univers des arts et des lettres se prépare à un événement exceptionnel à Douala. À partir du 31 janvier 2026, l’espace Doual’art accueillera l’exposition collective internationale intitulée « VILLE CRUELLE ». Ce rendez-vous artistique majeur, qui se déploiera jusqu’au 24 avril, se veut une relecture contemporaine de l’œuvre emblématique de Mongo Beti, publiée initialement en 1954. Plus qu’une simple exposition, il s’agit d’un dialogue nécessaire entre le patrimoine littéraire africain et la création visuelle actuelle, offrant un regard neuf sur des problématiques sociales toujours d’actualité.

Mongo Beti, né Alexandre Biyidi Awala (1932-2001), demeure l’un des piliers de la littérature francophone engagée et de la lutte contre l’oppression coloniale. Auteur de chefs-d’œuvre tels que Le Pauvre Christ de Bomba ou Main basse sur le Cameroun, il a marqué l’histoire par sa plume incisive. L’exposition choisit de se concentrer sur Ville cruelle, ce roman d’apprentissage où le jeune personnage de Banda découvre l’injustice des hommes, la puissance de la nature et la loyauté dans un cadre urbain impitoyable. C’est cet héritage, véritable boussole pour les générations actuelles, que Doual’art souhaite magnifier à travers cette programmation.
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Sous le commissariat scientifique de Marie Deparis-Yafil et la muséographie de Patrick Ngouana, l’événement rassemble dix-sept artistes venus d’horizons divers, notamment du Cameroun, de la RDC, du Sénégal, du Maroc, de la France, de Cuba et de Serbie. Ces créateurs ont produit des œuvres spécifiques utilisant tous les médias pour témoigner de la modernité de la pensée de Beti. En explorant des thématiques telles que l’émancipation des femmes ou le rapport à la nature, ces artistes réinterprètent l’acuité de la vision critique de l’auteur à travers un prisme contemporain et universel.


